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Pseudo: Brice RZCatégorie: VoyagesFais tourner ce blog!
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Mardi 13 Juin 2006

Nous sommes le 13 juin 2006, cela fait un mois que j'ai écris ma dernière page.

Il m'est arrivé quelques trucs intéressants ces 4 dernières semaines. Pas de Tsunami (quoique), pas de Requin (quoique), pas de saut désespéré du haut d'un pont rouillé... Bref, rien de très spectaculaire, mais je vais quand même vous le raconter!


Les évènements les plus marquant viennent souvent d'un dépaysement, mais aussi d?un petit plus personnel. Mon petit plus c'est la plongée, mon dépaysement : les « pauvres chevaliers ».

 

Séquence « bubble expedition » :

 

Le 31 mai, 4:00 du matin, je me réveille avec une idée fixe en tête : bateau !photo !plongée !!!

Rêve de plongeur... Ouha! je la commence poète celle là!

J'ai dus en rêver toute la nuit car je sens comme pleins de bulles dans mes mon épaule.. « Merde j'ai loupé mon pallier !! »  Je comprend vite que c'est une crampe en ouvrant les yeux, étant donné ma position de contorsionniste? Bref, je m'étire et je me lève.

Il fait froid, très froid, mais il fait beau, très beau ! Yippee ! Ce matin on se casse pour les Iles Poor Knights !!! (Pauvres Chevaliers en bon Franchois)

Cet archipel est composé de deux îles principales et puis plusieurs cailloux autour. Depuis Leigh, il faut 2 heures de route vers le Nord et 45 minutes de Bateau vers l'Est au départ de Tutukaka pour atteindre cette réserve marine (25 ans sur le papier, mais en fait moins de 10 ans de véritable protection)

Le petit point au fond, sur la ligne d'horizon (qui n'est pas droit d'ailleurs), c'est Sugar Loaf, un caillou à l'extrème sud de l'archipel

Mais c'est aussi, et surtout, un endroit mondialement réputé pour la beauté de ces paysages sous marins, la clarté exceptionnelle de ces eaux, la diversité topographique, et bien sur l'époustouflante abondance de poissons! !


C'est donc un coin ou il fait bon tremper une palme.. Cousteau (le commandant) classait les Poor Knights dans son Top 10 des plus beaux sites de plongée au monde?


Encore, une fois, c'est pour aller traquer la raie pastenague qu'une petite équipe bien sympathique s'est formée pour 2 jours de haute pression... Les voici, les voilà :

A la tête du projet, puisque c'est son sujet de thèse, Agnès Le Port, je l'ai déjà brièvement présentée lors du trip vers Mokohinau Island (cf It's a happy diving time). Elle est toujours Française, bien qu'exilée volontaire chez les Kiwi, la France ne lui plait plus du tout, les Français sont bloqués, trop administratifs et même méchants... bouh ! Je serai son bînome. La voici qui fait sa maline avec sa combi étanche...

Suzanne. Ah Suzanne ! La bannane à longueur de journée, cette Néo-Zélandaise est bien marrante. Agnès l'appelle sa « Hug machine » (Un Hug est le fait de serrer quelqu?un très fort dans ses bras)? je vous passe la description de la sensation lors d'un Hug de sa part! .Kévin adore. je vous passerai aussi la signification du signe qu'elle exhibe de ces deux doigts sur la photo.

Kévin. Je ne le présente plus, c'est la personne avec qui je passe le plus clair de mon temps. Travail, Week-end, Soirées.. pas nuits! Il est marrant! Vous connaissez Coluche ? Notez le petit nounours sur son stab... 

Et puis comme j'en parle, je devais y être, alors voilà c'est moi!


Je me lance!

A première vue, Les Poor Knights ressemblent à de gros cailloux posés au milieu de l'eau - comme toute île me direz vous ? mais autour de ces cailloux, il n'y a que de l'eau! pas de plage, pas de zone peu profonde!!

Les falaises tombent dans les profondeurs, et sont parfois plus hautes sous l'eau qu'au dessus de la surface !! Et puis, c'est un véritable gruyère! Un plongeur célèbre (je sais plus qui) disais « on ne plonge pas aux Poor Knights, on plonge DANS les Poor Knights ». La plus grotte marine connue comme la grande du monde en volume, se trouve ici.. On y est rentré avec le bateau qui fait bien ses 13 mètres de long.


De l'intérieur on, peut y voir un caillou dont les formes donnent de l'imagination : Certains y voient un coq, d'autres une femme nue allongée sur le dos...


Long tail sting rail.. celle là restera tranquille, car Agnès ne marque que les Short tail... sauf qu'un drôle de poisson avec un Flash est venu la déranger en plein sommeil...

En bref :  3 plongées le premier jour, entre 15 et 25 mètres chacune 30 minutes.  La visibilité est merdique... 10 à 15 mètres (quand on sait que l'on peut avoir plus de 30 mètres, on devient difficile). Je me contente de suivre Agnès qui connaît le site par coeur, en prenant des photos.. et à l'occasion en notant les raies que nous voyons, leur taille, leur sexe, leur comportement, et le numéro du « Tag » (marqueur) que mon buddy leur enfonce dans la peau (la science est parfois cruelle..). Il n'y a plus beaucoup de raie en cette saison, mais je me souviendrait toujours de cet escadron de 5 long tails volant vers nous, comme dans star wars .. Agnès n'avait pas de problème car ce n'est pas les raies qu'elle marque, mais moi, je ne savais plus ou donner de l'objectif, d'autant qu'il me fallait quand même noter leur sexe, leur taille... Du coup, je n'ai même pas de cliché de cette parade.. c'est pour moi tout seul!

L'arme à la main, nous traquons...

Traquée... touchée!

Deuxième jours, encore 3 plongées, et  une bonus. 3 plongées bien cool, peu de raies, pas de dauphin, mais bien, bien bien ! Ah si , un requin.. ouh ! Mais il était loin et tout petit.. aaah !

La plongée bonus, pour aller voir Blue Maomao arch, un tunnel rempli de poissons bleus (les maomao). Au début ..rien... lorsque tout à coup les paroi  se mettent à bouger, le plafond aussi, changeant de couleur du bleu turquoise au blanc, puis bleu foncé!!!
Je regarde mon ordi : 8,5 mètres? Non, la narcose ne m'aura pas eu si peu profond !
Vous aurez compris plus vite que moi.. les parois étaient en fait couvertes de Maomao, mais aussi de demoiselles à points blancs!
Magnifique, 20 minutes de film et de photos, à se prendre pour plus bourré qu'on ne l'est.

Voici LE MUR!
Essayez donc de les compter...
ça y'est? multipliez par 10, c'est à peu près ce qu'il y'avait dans le tunnel!

Voici un petit aperçu de ce que l'on peu voir dans ses eaux quasi tropicales.... :

Un poisson ange sorti d'un bouquet d'ulve.. la rencontre du tempéré et du tropical je vous dis!

Un petit nudibranche en flagrand déli de ponte... Cette délicate spirale dérrière l'animal (vous vous rappelez, ou est la tête?) lui appartiennent bien, ce sont ces oeufs .

Un "fur seal" ne semblant pas apprécier que nous le dérangions pendant sa cure de soleil...

Le "gannet", ou encore "fou" nîche sur ces îles éloignées. Le débarquement y étant formellement interdit, les colonies peuvent être importantes. C'est un plaisir que de les voir en plein repas à quelques dizaines de mêtres du bateau.

Le "John Dory" (St Pierre). Placide, majestueux, serein...

Le "scorpion fish" (Rascasse).

"Two spots demoiselles" abritées dans les carpophyllum (genre de fucus)

Un Palmus photographus (ce spécimen est aussi appelé brissouille), il y en a beaucoup autour des Poor Knights en haute saison.

Voilà la bande: La piqueuse de raie, la hug machine, coluche, et  moi


Voilà, les bonnes choses on une fin, il me reste des souvenirs et des photos pour replonger à travers un écran d'ordinateur, et rêver lors d'une immersion au fond d'un sac de couchage!


Séquence « yé né souis qu?un stagiaire misié » :

Il y en a tant à dire..

 

3 Nouveautés :

1-Photos aériennes.

Grâce à Roger Grace, vous verrez que j?en en parle beaucoup dans cette partie, il prend vraiment une place très importante dans l?avancement du projet je crois que je le remercierai jamais assez !

Voyez cette magnifique vue du labo et de Goat Island, et ce qui m?intéresse? les dessous de dedans du milieu de la mer. On peu y voir jusqu?à 12 mètres de fond à certains endroits (à droite de la photo par exemple).

 

Maintenant que nous avons fait, les vidéos, le side scan sonar?

2-Canoé/palme/masque/tuba pour aller vérifier ce à quoi correspond une couleur sur la photo (dans le jargon, ça se dis faire du "truthing".. vérification sur le terrain).

Cela dis, il y a un problème, ce qu?il y a en dessous de 12 mètres, (et où on a rien filmé), et bien? on sait pas ce qu?il y a !!

C?est alors que notre pote Roger est encore arrivé à la rescousse ? Avec une planche en contre plaqué et du fil de pêche !!

Cela s?appel une

3-« Manta board » :  le fil est attaché au bateau par un bout et à la planche à l?autre bout. Un plongeur est agrippé au bout de la planche, qu?il peut incliner pour s?immerger. Tiré à 2 n?uds, on a fait des plongées de plus de 20 minutes à 20 mètres en regardant, en appréciant, et en notant quand même les habitats qu?on voit.

Pour avoir les positions exactes, on à mis au point un système qui marche bien, mais je vous passe le matériel et méthode.. vous n?aurez qu ?à lire mon rapport de stage? voilà

C?est une sensation très agréable, et en même temps inquiétante? surtout quant on se met en tête qu?on ressemble ainsi à un appât à requin ?

 

Enfin, je progresse un peu en logiciel de SIG (pour les néophytes : c?est un logiciel qui permet de faire des carte? vite fait) Les polygones commencent à se dessiner, et ça fait plaisir !

 

Séquence vrai travail? :

Une nouvelle qui vaut un coup de champagne : mon premier contrat en tant que biologiste marin en free lance !!  Encore par Roger Grace (décidément), il nous à demandé (à moi et Kévin) de prendre part à un projet de cartographie dans une future réserve marine, non loin des Poor Knights.

On a fait du Side scan, et des vidéo on à mis les images en forme.. c?est pas grand chose, mais c?est déjà ça ! Et puis sur le CV, ça fait une ligne dans « expériences professionnelles » genre : Réalisation de la carte topographique de la future réserve marine ?Motu Karoro? pour le compte du New Zealand Departement Of Conservation.

Voilà, et pour vous dire que la vie active n?est pas si dure, voici quelques photos de ce travail?

 

Mon meilleur pote Néo-Zélandais : Roger! Quand je disais que les hobits existent!

Mon autre pote, Kévin! Avec deux compères comme ça sur un bateau de 4 mètres pendant plus de 5 heures... je vais avoir des séquelles!!!

Premiers symptômes de chute de cheveux??? Moi? non!

Avec carpophyllum flexuosum, je suis un home neuf!

Vue depuis la future réserve de Motu Karoro... On se dis "pourquoi faire une réserve devant une raffinerie?"... Et puis on réfléchis, et pourquoi pas? Y'a même un arc en ciel au dessus des jolies cheminées...

Je m'arreterai là dans mon argumentation, pour plus d'information, contactez moi à mon retour... (comme il se la pète le biologiste marin en freelance!)

Cormoran en envol sur l'îlot de Karoro. Photo de Kévin

Cormoran sur balise devant la belle rafinerie qui verra bientôt une réserve marine à sa porte! Photo de Kévin.

Eh! n'empêche que c'est mieux que de ne rien faire du tout.. Et Pour quelle raison des zones ne pourraient elles pas être soustraites à la pression de pêche sous pretexte que des super-tanker passent devant chaque jour? Hein?

J'arrète là encore mon explication, pour plus de détails, appelez ma secrétaire.....

Et je terminerai par une petite séquence découverte.. je n'ai pas beaucoup d'inspiration, ni de temps alors ne m'en voulez pas si ce sujet ne revet pas  la poesie d'un arbre de plusieurs milliers d'années.. mais c'est une histoire qui me plait bien...

Séquence découverte :

Radio Hauraki

Dans les années 60, les radios privées étaient interdites en Nouvelle-Zélande. Seules les radios publiques pouvaient donc être écoutés au fil des ondes?

Un groupe de jeunes rebelles (sans doute hippies sur les bord) essaya de passer entre les filtres gouvernementaux.. en vain.. Quand un jour, en 1966, ils investirent dans un vaisseau (navire.. pas spatial..), Le Tiri,  avec à son bord une antenne de transmission, et toute l?équipe chroniqueurs, Disc jockey, cuisinier femme, gamins? Ils larguèrent les amarres pour les eaux internationales au large de ?Great Barrier Island? dans le golfe ?Hauraki? au fond duquel se trouve la ville d?Auckland. Ils pouvaient ainsi transmettre sans être soumis à la réglementation locale? Voilà encore un exemple du savoir faire Kiwi, quand t?as rien qui t?aide, tu réfléchi et tu le fais toi même.

Cela semblais pourtant trop facile.. pendant 2 années, l?équipage journalistique du Tiri devra lutter contre les coups de vent, le froid en hiver, la fatigue, l?antenne qui casse à chaque tempête? Puis, en 1968, vint ce qui devait arriver, la rencontre du Tiri avec un caillou sera fatale, elle commença a couler. Le plus efficace des MAYDAY fut alors donné en direct sur la fréquence 1480 kHz à tous les auditeurs de la région. Le disc jockey donna sa dernière parole un peu comme ceci : « Hauraki News : Hauraki crew is abandoning ship. This is Paul Lineham aboard the Tiri. Good Night.? Cela suivi par le jingle de la station, qui est toujours la même aujourd?hui : « Hauraki number one ». Le Tiri fut quand même remorqué jusqu?à Auckland, mais en l?état d?épave?

N?empêche, 1 mois plus tard l?équipage est de retour sur un Grand Vaisseau de 160 pieds !! Appelé le Tiri II, elle essuiera des tempêtes, sera même jetée par les vagues sur une plage, puis renflouée.

En 1970, après 1111 jours passé en mer avec tout son équipage, Tiri II vit sont action devenir payante : le gouvernement décida?ENFIN? de légaliser les radios privées.

Le disc jockey annonça le dernier voyage de Tiri II « back to the shore.. »

Voilà, cette radio est maintenant basée à Auckland, sur la Terre ferme, un tas d?auditeurs. J?en fais maintenant parti, et je peux vous dire que la musique n?a pas vraiment changée depuis cette épopée fantastique de l?équipage de Hauraki : du bon vieux Blues, du Hendrix, ça c?est du bon baby!!



PS : dernières photos du jour, j'en suis assez content alors je vous les fais partager.. C'est juste devant le labo, lors d'une petite plongée de reconnaissance des habitats, et de plaisir intense....


Blue cod. Ce poisson est très curieux, voir agressif, surtout envers les crayons des scientifiques!! Il les attrape sans cesse. Cette photo était inespérée, mais je l'ai eu sous un angle assez inhabituel...


Un autre Blue Cod, dans sa posture habituelle...
La tête d'une raie aigle...

La queue de la même raie aigle...

Une Yellow moray. Assez agressive, et surtout morsure très mauvaise... à caresser avec doigté!!

Un espèce d'hydroide, je ne sais pas exactement si c'est un stade polype de méduse, ou non..

si quelqu'un en sait plus... merci!

Mardi 13 Juin 2006

Nous sommes le 13 juin 2006, cela fait un mois que j'ai écris ma dernière page.

Il m'est arrivé quelques trucs intéressants ces 4 dernières semaines. Pas de Tsunami (quoique), pas de Requin (quoique), pas de saut désespéré du haut d'un pont rouillé... Bref, rien de très spectaculaire, mais je vais quand même vous le raconter!


Les évènements les plus marquant viennent souvent d'un dépaysement, mais aussi d?un petit plus personnel. Mon petit plus c'est la plongée, mon dépaysement : les « pauvres chevaliers ».

 

Séquence « bubble expedition » :

 

Le 31 mai, 4:00 du matin, je me réveille avec une idée fixe en tête : bateau !photo !plongée !!!

Rêve de plongeur... Ouha! je la commence poète celle là!

J'ai dus en rêver toute la nuit car je sens comme pleins de bulles dans mes mon épaule.. « Merde j'ai loupé mon pallier !! »  Je comprend vite que c'est une crampe en ouvrant les yeux, étant donné ma position de contorsionniste? Bref, je m'étire et je me lève.

Il fait froid, très froid, mais il fait beau, très beau ! Yippee ! Ce matin on se casse pour les Iles Poor Knights !!! (Pauvres Chevaliers en bon Franchois)

Cet archipel est composé de deux îles principales et puis plusieurs cailloux autour. Depuis Leigh, il faut 2 heures de route vers le Nord et 45 minutes de Bateau vers l'Est au départ de Tutukaka pour atteindre cette réserve marine (25 ans sur le papier, mais en fait moins de 10 ans de véritable protection)

Le petit point au fond, sur la ligne d'horizon (qui n'est pas droit d'ailleurs), c'est Sugar Loaf, un caillou à l'extrème sud de l'archipel

Mais c'est aussi, et surtout, un endroit mondialement réputé pour la beauté de ces paysages sous marins, la clarté exceptionnelle de ces eaux, la diversité topographique, et bien sur l'époustouflante abondance de poissons! !


C'est donc un coin ou il fait bon tremper une palme.. Cousteau (le commandant) classait les Poor Knights dans son Top 10 des plus beaux sites de plongée au monde?


Encore, une fois, c'est pour aller traquer la raie pastenague qu'une petite équipe bien sympathique s'est formée pour 2 jours de haute pression... Les voici, les voilà :

A la tête du projet, puisque c'est son sujet de thèse, Agnès Le Port, je l'ai déjà brièvement présentée lors du trip vers Mokohinau Island (cf It's a happy diving time). Elle est toujours Française, bien qu'exilée volontaire chez les Kiwi, la France ne lui plait plus du tout, les Français sont bloqués, trop administratifs et même méchants... bouh ! Je serai son bînome. La voici qui fait sa maline avec sa combi étanche...

Suzanne. Ah Suzanne ! La bannane à longueur de journée, cette Néo-Zélandaise est bien marrante. Agnès l'appelle sa « Hug machine » (Un Hug est le fait de serrer quelqu?un très fort dans ses bras)? je vous passe la description de la sensation lors d'un Hug de sa part! .Kévin adore. je vous passerai aussi la signification du signe qu'elle exhibe de ces deux doigts sur la photo.

Kévin. Je ne le présente plus, c'est la personne avec qui je passe le plus clair de mon temps. Travail, Week-end, Soirées.. pas nuits! Il est marrant! Vous connaissez Coluche ? Notez le petit nounours sur son stab... 

Et puis comme j'en parle, je devais y être, alors voilà c'est moi!


Je me lance!

A première vue, Les Poor Knights ressemblent à de gros cailloux posés au milieu de l'eau - comme toute île me direz vous ? mais autour de ces cailloux, il n'y a que de l'eau! pas de plage, pas de zone peu profonde!!

Les falaises tombent dans les profondeurs, et sont parfois plus hautes sous l'eau qu'au dessus de la surface !! Et puis, c'est un véritable gruyère! Un plongeur célèbre (je sais plus qui) disais « on ne plonge pas aux Poor Knights, on plonge DANS les Poor Knights ». La plus grotte marine connue comme la grande du monde en volume, se trouve ici.. On y est rentré avec le bateau qui fait bien ses 13 mètres de long.


De l'intérieur on, peut y voir un caillou dont les formes donnent de l'imagination : Certains y voient un coq, d'autres une femme nue allongée sur le dos...


Long tail sting rail.. celle là restera tranquille, car Agnès ne marque que les Short tail... sauf qu'un drôle de poisson avec un Flash est venu la déranger en plein sommeil...

En bref :  3 plongées le premier jour, entre 15 et 25 mètres chacune 30 minutes.  La visibilité est merdique... 10 à 15 mètres (quand on sait que l'on peut avoir plus de 30 mètres, on devient difficile). Je me contente de suivre Agnès qui connaît le site par coeur, en prenant des photos.. et à l'occasion en notant les raies que nous voyons, leur taille, leur sexe, leur comportement, et le numéro du « Tag » (marqueur) que mon buddy leur enfonce dans la peau (la science est parfois cruelle..). Il n'y a plus beaucoup de raie en cette saison, mais je me souviendrait toujours de cet escadron de 5 long tails volant vers nous, comme dans star wars .. Agnès n'avait pas de problème car ce n'est pas les raies qu'elle marque, mais moi, je ne savais plus ou donner de l'objectif, d'autant qu'il me fallait quand même noter leur sexe, leur taille... Du coup, je n'ai même pas de cliché de cette parade.. c'est pour moi tout seul!

L'arme à la main, nous traquons...

Traquée... touchée!

Deuxième jours, encore 3 plongées, et  une bonus. 3 plongées bien cool, peu de raies, pas de dauphin, mais bien, bien bien ! Ah si , un requin.. ouh ! Mais il était loin et tout petit.. aaah !

La plongée bonus, pour aller voir Blue Maomao arch, un tunnel rempli de poissons bleus (les maomao). Au début ..rien... lorsque tout à coup les paroi  se mettent à bouger, le plafond aussi, changeant de couleur du bleu turquoise au blanc, puis bleu foncé!!!
Je regarde mon ordi : 8,5 mètres? Non, la narcose ne m'aura pas eu si peu profond !
Vous aurez compris plus vite que moi.. les parois étaient en fait couvertes de Maomao, mais aussi de demoiselles à points blancs!
Magnifique, 20 minutes de film et de photos, à se prendre pour plus bourré qu'on ne l'est.

Voici LE MUR!
Essayez donc de les compter...
ça y'est? multipliez par 4, c'est à peu près ce qu'il y'avait dans le tunnel!

Voici un petit aperçu de ce que l'on peu voir dans ses eaux quasi tropicales.... :

Un poisson ange sorti d'un bouquet d'ulve.. la rencontre du tempéré et du tropical je vous dis!

Un petit nudibranche en flagrand déli de ponte... Cette délicate spirale dérrière l'animal (vous vous rappelez, ou est la tête?) lui appartiennent bien, ce sont ces oeufs .

Un "fur seal" ne semblant pas apprécier que nous le dérangions pendant sa cure de soleil...

Le "gannet", ou encore "fou" nîche sur ces îles éloignées. Le débarquement y étant formellement interdit, les colonies peuvent être importantes. C'est un plaisir que de les voir en plein repas à quelques dizaines de mêtres du bateau.

Le "John Dory" (St Pierre). Placide, majestueux, serein...

Le "scorpion fish" (Rascasse).

"Two spots demoiselles" abritées dans les carpophyllum (genre de fucus)

Un Palmus photographus (ce spécimen est aussi appelé brissouille), il y en a beaucoup autour des Poor Knights en haute saison.

Voilà la bande: La piqueuse de raie, la hug machine, coluche, et  moi


Voilà, les bonnes choses on une fin, il me reste des souvenirs et des photos pour replonger à travers un écran d'ordinateur, et rêver lors d'une immersion au fond d'un sac de couchage!


Séquence « yé né souis qu?un stagiaire misié » :

Il y en a tant à dire..

 

3 Nouveautés :

1-Photos aériennes.

Grâce à Roger Grace, vous verrez que j?en en parle beaucoup dans cette partie, il prend vraiment une place très importante dans l?avancement du projet je crois que je le remercierai jamais assez !

Voyez cette magnifique vue du labo et de Goat Island, et ce qui m?intéresse? les dessous de dedans du milieu de la mer. On peu y voir jusqu?à 12 mètres de fond à certains endroits (à droite de la photo par exemple).

 

Maintenant que nous avons fait, les vidéos, le side scan sonar?

2-Canoé/palme/masque/tuba pour aller vérifier ce à quoi correspond une couleur sur la photo (dans le jargon, ça se dis faire du "truthing".. vérification sur le terrain).

Cela dis, il y a un problème, ce qu?il y a en dessous de 12 mètres, (et où on a rien filmé), et bien? on sait pas ce qu?il y a !!

C?est alors que notre pote Roger est encore arrivé à la rescousse ? Avec une planche en contre plaqué et du fil de pêche !!

Cela s?appel une

3-« Manta board » :  le fil est attaché au bateau par un bout et à la planche à l?autre bout. Un plongeur est agrippé au bout de la planche, qu?il peut incliner pour s?immerger. Tiré à 2 n?uds, on a fait des plongées de plus de 20 minutes à 20 mètres en regardant, en appréciant, et en notant quand même les habitats qu?on voit.

Pour avoir les positions exactes, on à mis au point un système qui marche bien, mais je vous passe le matériel et méthode.. vous n?aurez qu ?à lire mon rapport de stage? voilà

C?est une sensation très agréable, et en même temps inquiétante? surtout quant on se met en tête qu?on ressemble ainsi à un appât à requin ?

 

Enfin, je progresse un peu en logiciel de SIG (pour les néophytes : c?est un logiciel qui permet de faire des carte? vite fait) Les polygones commencent à se dessiner, et ça fait plaisir !

 

Séquence vrai travail? :

Une nouvelle qui vaut un coup de champagne : mon premier contrat en tant que biologiste marin en free lance !!  Encore par Roger Grace (décidément), il nous à demandé (à moi et Kévin) de prendre part à un projet de cartographie dans une future réserve marine, non loin des Poor Knights.

On a fait du Side scan, et des vidéo on à mis les images en forme.. c?est pas grand chose, mais c?est déjà ça ! Et puis sur le CV, ça fait une ligne dans « expériences professionnelles » genre : Réalisation de la carte topographique de la future réserve marine ?Motu Karoro? pour le compte du New Zealand Departement Of Conservation.

Voilà, et pour vous dire que la vie active n?est pas si dure, voici quelques photos de ce travail?

 

Mon meilleur pote Néo-Zélandais : Roger! Quand je disais que les hobits existent!

Mon autre pote, Kévin! Avec deux compères comme ça sur un bateau de 4 mètres pendant plus de 5 heures... je vais avoir des séquelles!!!

Premiers symptômes de chute de cheveux??? Moi? non!

Avec carpophyllum flexuosum, je suis un home neuf!

Vue depuis la future réserve de Motu Karoro... On se dis "pourquoi faire une réserve devant une raffinerie?"... Et puis on réfléchis, et pourquoi pas? Y'a même un arc en ciel au dessus des jolies cheminées...

Je m'arreterai là dans mon argumentation, pour plus d'information, contactez moi à mon retour... (comme il se la pète le biologiste marin en freelance!)

Cormoran en envol sur l'îlot de Karoro. Photo de Kévin

Séquence découverte :

 

Radio Hauraki

 

Dans les années 60, les radios privées étaient interdites en Nouvelle-Zélande. Seules les radios publiques pouvaient donc être écoutés au fil des ondes?

Un groupe de jeunes rebelles (sans doute hippies sur les bord) essaya de passer entre les filtres gouvernementaux.. en vain.. Quand un jour, en 1966, ils investirent dans un vaisseau (navire.. pas spatial..), Le Tiri,  avec à son bord une antenne de transmission, et toute l?équipe chroniqueurs, Disc jockey, cuisinier femme, gamins? Ils larguèrent les amarres pour les eaux internationales au large de ?Great Barrier Island? dans le golfe ?Hauraki? au fond duquel se trouve la ville d?Auckland. Ils pouvaient ainsi transmettre sans être soumis à la réglementation locale? Voilà encore un exemple du savoir faire Kiwi, quand t?as rien qui t?aide, tu réfléchi et tu le fais toi même.

Cela semblais pourtant trop facile.. pendant 2 années, l?équipage journalistique du Tiri devra lutter contre les coups de vent, le froid en hiver, la fatigue, l?antenne qui casse à chaque tempête? Puis, en 1968, vint ce qui devait arriver, la rencontre du Tiri avec un caillou sera fatale, elle commença a couler. Le plus efficace des MAYDAY fut alors donné en direct sur la fréquence 1480 kHz à tous les auditeurs de la région. Le disc jockey donna sa dernière parole un peu comme ceci : « Hauraki News : Hauraki crew is abandoning ship. This is Paul Lineham aboard the Tiri. Good Night.? Cela suivi par le jingle de la station, qui est toujours la même aujourd?hui : « Hauraki number one ». Le Tiri fut quand même remorqué jusqu?à Auckland, mais en l?état d?épave?

N?empêche, 1 mois plus tard l?équipage est de retour sur un Grand Vaisseau de 160 pieds !! Appelé le Tiri II, elle essuiera des tempêtes, sera même jetée par les vagues sur une plage, puis renflouée.

En 1970, après 1111 jours passé en mer avec tout son équipage, Tiri II vit sont action devenir payante : le gouvernement décida?ENFIN? de légaliser les radios privées.

Le disc jockey annonça le dernier voyage de Tiri II « back to the shore.. »

 

Voilà, cette radio est maintenant basée à Auckland, sur la Terre ferme, un tas d?auditeurs. J?en fais maintenant parti, et je peux vous dire que la musique n?a pas vraiment changée depuis cette épopée fantastique de l?équipage de Hauraki : du bon vieux Blues, du Hendrix, ça c?est du bon baby!!

Mardi 16 Mai 2006

Ce mois est bien entamé maintenant, et je pense qu?il est temps de refaire le point sur ce qui m'est arrivé, et ce que j'ai appris d'intéressant ces dernières semaines?

Pas grand chose en fait...

 Lorsqu'on arrive dans un lieu qui nous est nouveau, tout est différent, tout semble sorti d'un roman dans lequel nous jouons le rôle principal : Nos sens sont décuplés, ou plutôt nous en prenons plus conscience, grâce à de nouvelles odeurs, de nouvelles couleurs :  Nous sommes capable de les décrire et ces sensations restent souvent dans nos mémoires longtemps après un voyage.

Et puis soudain, ce qui était exceptionnel deviens alors banal et commun, au point de n'y prêter attention que lorsqu'un nouveau voyageur vous le fais remarquer.. « Ah oui, c'est vrai, moi aussi ça m'avait bien plût ça !! ». On appel cela être blasé, c'est la routine qui prend place, cette abominable monotonie qui pousse à partir ailleurs (et qui fait le bonheur des agences de voyages).

Non, je ne veux pas perdre ces premières sensations qui font de moi un nouveau-né émerveillé par le moindre souffle de vent, le moindre rayon de soleil.. il s'agit d'un arc-en-ciel? Je veux pouvoir en parler pendant des heures comme si c?était le premier de ma vie.

Si je vous bassine encore avec une réflexion à la « mords moi le noeud » , c'est tout simplement pour me libérer de cette routine que je crois sentir arriver furtivement. Je veux commencer à vous décrire mes semaines passées avec un regard neuf, comme il y a 3 mois. Ces quelques lignes m?aiderons à en prendre conscience, et qui sait, vous fera peut-être vous aussi, réfléchir sur la question?

Il faut dire que depuis que je suis en Nouvelle Zélande, j'ai passé les quatre cinquièmes de mon temps autour de la réserve marine de 5 km de long, à l'observer  dans tous les sens, depuis le haut de ses falaises,  jusqu?au plus profond canyon sous marin. C'est vrai, y'a pire comme routine !

 

Séquence Travail :

Et bien ça n'avance pas trop mal ma foi ! Nous avons terminé une bonne partie du travail de terrain : le Side Scan Sonar et le Drop down video.

Voici le genre d'image que donne un Side Scan Sonar.. Pour ceux que ça  interesse, en bas à gauche il y a du sable, à droite vraissembllablement des blocs , et en haut c'est la roche , le caillou! Voilà le savoir après des heures de terrainet d'analyse!

Ci dessus, Le caisson étanche du Drop video fabriqué dans une bouteille de plongée , il s'agit de faire descendre la caméra au bout d'une corde et de filmer. En répetant à plusieurs endroits on à une bonne idée des habitats d'une zone.. et de bon muscles à la fin de la journée! Ici, Monsieur Kévin Leleu en plein travail...


Très peu de plongée pour notre travail ..sniff ! Mais nous avons privilégié les méthodes rapides et, je l'espère, efficaces.

Je crois cependant que je vais finir par mettre un tas de plongées dans le protocole, premièrement parce que je veux vérifier si nos extrapolations sont bonnes, et deuxièmement parce que j'en ai envie !! C'est vrai quoi ! Mince !

Moi et Kévin,  avons beaucoup travaillé avec Roger Grace (voir page précédente), toujours dans la déconne. C'est un plaisir d'analyser les vidéos, à chaque sortie de l'eau il y a une connerie... Connerie la plus courante : à chaque rot, il s?agit de dire un truc que l?éléphant à de gros.. « elephant has big? » je vous laisse imaginer la suite.. hihi

Bref, la carte n?est pas encore là et il nous reste à analyser encore beaucoup de vidéos dans la « computer room » au sous sol du labo?hum ! excitant ! Passez sa journée à regarder des vidéos de fonds sous-marins en restant au sec, au chaud, avec un café? c?est assez frustrant mais encore une fois y?a pire !

Roger (photo by Kévin)

Avec Roger Grace et un pote à lui, Vince Kerr, je suis sur un autre projet, dans le même style que ce que nous faisons en ce moment, mais plus au nord, sur une toute récente réserve : "Motu Korura". qui fait à peut près la moitié de CROP : "Cape Rodney to Okakiri Point" (celle que je cartographie en ce moment). A suivre!!

Morceau de la carte des habitats sous-marins datant de 1973.. l'île c'est "GOat Island"= "l'île chèvre" il n'y a pas de chèvre mais bon.. va savoir

 

Séquence présentation :

Je n'ai pas trop de personnes nouvelles à présenter, je rencontre toujours du monde, mais je ne les connait pas assez pour en parler. En vrac par exemple :

L'équipe du Goat Island Dive Shop (Brian, Julie, la cinquantaine, et Tim, gaillard de moins de 30ans et plus de 2metres...) qui sont très cool. Il va falloir que j'aille plonger avec eux. Julie veux mettre en place un sentier sous-marin à Goat Island depuis un moment, je lui ai dis "no problem! i can plan something!" ça peut etre sympa, surtout que moi aussi j'y ai pensé dès que j'ai mis les pieds et les palmes ici. mais gloups! encore faut il que j'ai le temps.. à suivre!

Plusieurs "foss" (fossiles, qui se dis amicalement ici pour les soixantenaires..) biologistes , plongeurs, pêcheurs, photographes sous-marins.. rencontrés un soir lors de pendaison de crémaillere chez Roger et Tim (du dive shop)

Un petit oiseau sympa qui viens te piquer tes biscuits dans la main, qui ressemble un peu à une pie, et que même qu'il parlerai que ça m'étonnerai pas...

Un cowboy discret et pas très bavard...

Séquence frisson.......

Départ un matin pour le milieu de l'île du Nord. 4heures de route, arrivée à Taupo, 357 d'altitude, au bord du plus grand lac de Nouvelle Zélande (606km carrés pour 159 metre de profondeur maximale...). Le temps est couvert, limite pluvieux, et il fais froid. Rien de très excitant pour l'instant.
Et puis en conduisant le long du lac me viens une idée saugrenue : "J'ai envie de sauter!" Oh que ça tombe bien ! Car à quelques minutes de la se trouve un des sites de Bungy Jump des plus réputés de kiwiland,  qui est d'ailleur le pays le plus givré en matière de sauts en tout genre (c'est peut etre parcequ'ils jalousent les kangourous australiens??) Bungy, Sky jump..
Je me suis toujours dis que je préfererai faire de la chute libre depuis un avion plutôt que du saut avec un élastique, où t'as l'air d'une araigné qu'aurai loupé une branche juste après quelques secondes de chute... Et bien je me suis dis que le moment était venu de dire à mes apriori de mâle en mal d'adrénaline que si j'attend encore sous pretexte que je préfère plus haut et plus "viril", c'est une excuse à deux balle!
J'ai donc sauté!
Voilà, c'est rigolo,ça dure pas longtemps, mais pendant un court instant... dans ta tête... t'es mort! Le truc rigolo c'est que j'ai demandé à la nana qui m'à accroché les pieds de toucher un peu l'eau du bout des doigts... Elle m'à simplement dis qu'elle allait essayer de régler en circonstance mais que rien n'était garanti.. en effet, je n'ai pas effleuré l'eau... j'ai..oh et puis regardez la photo vous verrez bien! J'ai bien cru pendant un millieme de seconde que l'elastique avait laché... ça à bien fait rire le groupe de japonnais qui regardais.. je vais etre dans plusieurs albums photos de vacances au Japon.. ça fait chaud au coeur...

Eau à 6°C ça fait du bien.. je le conseil! Au reveil chaque matin : un petit saut de 47 metres!
Kévin à aussi apprécié la chute, mais sautant après moi, il à préféré demander à rester loin de la flotte

Séquence Ballade :

"Crater of the moon". C'est le nom d'un endroit non loin du lac, endroit particulier du fait des émanations de fumées sortant de la Terre. Pas vraiment très étendu, assez bien organisé pour les touristes aussi... mais c'est vrai,  j'en suis un.. Bref, des trous dans lequels de la boue est en ébullition, de la fumée, une légère  odeur de souffre.. c'est bien ça, y'a du volcanisme dans l'coin! Je pensais voir un paysage lunaire et puis en fait non! Des plantes s'épanouissent plutôt bien dans cette zone... pas les même que dans le bush bien sur, mais des plantes certainement spécialement adaptées à ces conditions extrèmes, coriaces et basse.
Je me prend pour Haroun Tazieff l'espace de quelques heures..

Non, ce n'est pas un pompier au beau milieu des restes d'un incendie, ni  un junky perdu après que la rave soit partie.. c'est Kévin dans le  "Crater of the moon"

Rien de très spéctaculaire comme ça, mais cette fumée ne s'arrète jamais! Notez l'arbre qui devait être là avant que l'activité reprenne..

Le "Crater of the moon" se situe juste sur la ligne de tectonique entre la plaque indo-australienne et la plaque pacifique. Le lac Taupo est d'ailleurs un ancien cratère! Voyez la taille du volcan! Lorsqu'il entra en éruption il y a un bout de temps (je me souvient plus de la date.. désolé) les cendres ont couvert  toute l'île du Nord de plusieurs mettres de lave et de cendres.
Toute? Non! des zones d'irreductibles forêts, sans doute protégées en étant derriere des collines, ont contribué à la recolonisation de la nouvelle zélande.

C'est aussi un endroit réputé dans le monde entier pour la pêche à la truite.
Naturellement...introduite (merci!)

Enfin, retour à Leigh, 4 heures on the road again, dans le Van 4*4 de Roger en écoutant un bon vieux blues.... Je reviendrais certainement car le deuxième saut est à moitié prix!!


Séquence "ballade"2 :

J'aurai pu mettre ce récit, ou plutot ces photos, quand je parle du travail.. mais bien que ce soit du boulot, c'est avant tout une sacrée ballade que je fais avec Kévin depuis plusieurs fois maintenant.
Pour faire une bonne carte des eaux peu profondes, rien de tel que des photos aériennes bien verticales.. seulement il faut un avion (et si j'en avait un disponible, pensez bien que j'aurai pas fait du saut de l'araignée loupant une branche..). Il y a eu quelques jours magnifiques : ciel bleu, mer calme, vent faible.. idéal pour ce genre de mission... mais le pilote de l'aero-club local n'étant pas disponible, et bien on fait avec les moyens du bord : une paire de pompes et un index (pour appuyer sur le déclencheur de l'appareil..)
Au final, j'ai encore crapahuté pendant 3 heures en haut des falaises longeant la côte ouest de la réserve. 3 heures pour ..aller disons deux kilomètres voir moins! ça grimpe! clic! clic! ça descend! clic! clic!  ça grimpe! oups, c'est limite dangereux ici! clic!clic! ... Bref 200 photos plus tard, je suis content de descendre sur l'estran et faire le chemein inverse en longeant la mer : 1h en comptant une petite pause pour piquer une tête sur cette plage paradisiaquement rose et deserte qu'est "pink beach".

Les habitants des lieu, ils sont bien copains!

Pink beach, la belle sauvage! Se n'est qu'à 1heure de marche de là où tous les touristes viennent et c'est désert... désert...désert....

Petite halte rafraichissement... je fais le malin quelques secondes avant de me vautrer lamentablement sur la paroi glissante de la cascade!

N'est-ce pas un bon jour pour des photos aériennes? J'en ai fais d'autres sans moi dessus, mais bon voilà, c'est juste pour dire j'y suis et pas toi! héhé! (désolé...)


Sur le retour de cette dure journée de travail, baignade naturiste à Pink beach...


Encore des données à analyser et à mettre sur une carte.. Beaucoup de travail de terrain veut aussi dire beaucoup de bureau derrière...

Séquence "we all live in a yellow submarine..." :

C'est l'hiver maintenant en Nouvelle Zélande.. et l'eau est tombée en dessous des 18°C et ce n'est pas fini.
Je ne plonge pas autant que je le voudrais ces derniers temps (ce n'est jamais assez de toute façon!) mais voici quelques clichés de ma dernière plongée à Murray Island (vous savez? à la sortie de LeighHarbour sur Babord!). De magnifiques canyons dans lesquels s'engoufre le courant de marée. Bonnes palmes de rigueur!

Un joli petit nudibranche.
Pour les non biologistes, non plongeurs qui vous demandez "il est ou le culcul, elle est où la têtête de ce mollusque gastéropode?" A l'arrière de l'animal se trouvent ses branchies (ce par où il respire) disposée en une délicate couronne. A l'avant, nous avons deux antennes finement stratifiées. Ce nubibranche est sans doute en plein repas sur son macdonald favori : l'éponge.
Un alcyonaire (polypes à tentacules..comme des méduses mais fixées... vivants en colonie) nommé "dead man's finger" (les doigts de l'homme mort) ou encore Alcyonum digitatum.
Grande Eponge dont je crois que le nom est "orange finger sponge" bien abritée accrochée sous un surplomb.
Emma faisant la danseuse...
Blue eyes triplefin (Notoclinops segmentatus) . Ce petit poisson de deux centimètres tout au plus est très joli mais aussi énervant : il déguerpi plus vite que la vitesse d'obturation de l'appareil photo...
Fin de plongée...

A suivre...............................

Vendredi 14 Avril 2006
Nous sommes le... Jeudi 27 avril 2006, il est 21h12 heure locale, et je ne sais pas ce que je fais encore assis sur mon bureau (qui n'est pas le mien d'ailleurs, je squatte les places libres , chaque jour une place différente... excitant!!). Il n'y a plus personne au labo... Et je suis encore là à faire je ne sais quoi pour essayer de travailler au mieux. Mais je ne fais pas grand chose d'efficace alors je commence une nouvelle édition des aventures de bibi au pays des Maori.
Il se peut que je sois de moins en moins a jour sur ce blog, et j'en suis sinceremment désolé, mais voici que mon problème est assez lié au travail que j'ai a faire ici...

Séquence travail:

Chaque jour qui passe est différent, c'est bien quand c'est toujours un différent mieux ou aussi bien que la veille, mais lorsque les résultats, l'efficacité, l'humeur, le temps, la motivation, se mettent à se prendre pour une grosse houle d'hiver.. ce n'est pas toujours plaisant..
Hein? qu'est-ce qu'y dis? J'Comprend pas....
Je dis que ce n'est pas vraiment un travail où je sais ce que je fais, et qui plus est, tout est possible... Aussi, chacun y va de son avis et ne contredis jamais mes idées.. bien! Mais je me plante.. et cela fais plusieurs heures (ça se compte en plusieurs dizaines par semaine) de travail pour du vent.. pfff.. partis.. sert à rien.. dans les chous hop.. aller... tu peux tout jeter et recommencer!! Alors le jour ou une idée vient, c'est la furie, je me lève sans meme prendre de petit dej et fonce faire le truc en question... c'est pour après me rendre compte que ce n'était qu'une pure et simple perte de temps... sans que personne ne me dise.. ce serait plutot a éviter.. Ce qu'il me faudrait c'est genre un superviseur, un maitre de stage quoi!
Certes j'apprend beaucoup comme ça me dirons certains.. Je ne suis pas sur d'apprendre plus, je dirais même qu'il se peux que j'apprenne moins que si les choses avaient été plus encadrées. MAis ce que j'apprend, c'est parceque je me suis planté, et je reconnait mon erreur, donc ce que j'apprend je l'apprend mieux... Mais cela met plus de temps (car il faut faire l'erreur) alors pour un même laps de temps, j'apprend moins, vous suivez?

Séquence présentation:


Docteur Mark Costello, est mon maitre de stage, celui qui à lancé l'idée de ce projet de cartographie que je suis en train d'essayer de faire. Originaire d'Europe (irlande) et ayant travaillé longtemps au Canada, il est très réputé dans ces pays pour avoir participé à la mise en place d'une classification des différents habitats marins, et une méthode d'évaluation de la biodiversité.
Voici maintenant deux ans qu'il est en Nouvelle Zélande. Il n'est pas vraiment bien intégré dans le labo, il ne sort que rarement de son bureau, passe ses journées sur son ordi... Petite illustration de ce que je trouve anormal venant d'un Docteur biologiste marin : Il est venu plonger avec nous il y a 1 mois... C'était la premiere fois qu'il trampais une palme en nouvelle zélande!!! En deux ans!! Il a donc découvert un monde qu'il ne connaissait qu'à travers les bouquins et son écran d'ordi.. Je me suis même vu lui expliquant quelques points sur le comportement et l'écologie d'espèces locales..Moi qui ne suis ici que depuis 2 mois!
Bref, c'est quand même mon superviseur sur papier alors je vais régulierement le voir pour savoir si je ne m'écarte pas trop de ce qu'il veut faire... Mais une terrible question me reviens à chaque fois que je sort de son bureau :  "Que veut il faire???" Lorsque j'expose l'avancement du travail et les projets à venir, il hoche la tête en disant "Good!" "Yes!" "Nice!" "Oh? Really?"... Et puis voilà!
Hier, je l'ai pris dans un coin du bureau et pour le remuer, je lui ai balancé deux pattates en travers de la g.. Non, je lui ais simplement demandé d'être franc et de dire si le travail lui semble bon, de nous dire quelque chose quoi!! Il a dis qu'il étais surpris de notre capacité à aller vers les autres pour demander de l'aide... C'est sur, ça va m'aider ça... d'autant qu'on a pas le choix...

Roger Grace. C'est une des personnes qui nous aide le plus. Je n'ai pas de photo de lui pour le moment, alors je met une photo que lui a pris lors de campagne Green Peace, qu'il suit régulierement et pour lesquelles il écris des articles.
C'est un homme d'une 50aine d'années au physique de nain de jardin, barbe blanche en collier, petit rondouillard et jovial, célibataire volontaire, végétarien depuis sa naissance (ses parents devais êtres des hippies avant l'heure), un esprit de gamin près à faire tout du moment que ce soit fun!!

C'est lors d'une célébration des 25 ans d'une réserve marine que j'ai rencontré Roger. Moi et Kévin avons tout simplement suivi notre Papy "reserve marine", et les choses se passent comme ça aurait du se passer. Expliquant à Roger notre projet de cartographie, je découvre que non seulement il fais partis de Green Peace, mais aussi qu'il est LE spécialiste néo zélandais de la cartographie sous marine et de l'élaboration de réserves marines!!! Yhiipie!! Et donc...
Depuis quelques semaines, il est arrivé avec son bateau, son matos de plongée, son sonar.. On va sans doute faire du bon boulot.. d'autant qu'on a pas interet à se planter avec une aide pareille...

Séquence découverte:

Je me demande ce que je vais bien pouvoir vous faire partager cette fois-ci. Je découvre toujours des choses chaque jour, mais de moins en moins de choses spéctaculaires et exitantes, car mon regard change à mesure que je m'habitue à cet environnement. L'important est de garder le plus possible un regard neuf et toujours emmerveillé.. je m'efforce de garder cela en tête...

Le dernier des Kauri:

Le travail fait que je n'ai pas beaucoup de temps pour visiter les alentours. Mais le week end dernier j'ai attrappé un guide de voyage et pris une page au hazard dans la partie "ile du nord": "Waipaoua Forest"! La plus ancienne forêt conservée de NZ. Car comme vous l'aurez compris depuis le début de mon blog, ce pays à été rapidement modifié voir fortement dégradé après l'arrivé de l'homme. Cette zone de plus de 9000 hectares à eu le privilège d'être mis en protection dès le début des années 1920, alors que le commerce du bois allais bon train.
Un des arbres les plus prisés ici, c'est le KAURI, bois tendre, il est aussi extremement résistant et sert à construire les bateaux, les maisons... Ces arbres couvraient jadis toute l'ile du Nord en des forêts immenses diversifiés, avec une canopée épaisse (écosystème particulier, où la vie s'épanouie en ne touchant jamais le sol.. seulement dans les branches de grands arbres).  Puis le bucheron est arrivé, et en quelques heures il étais capable de descendre ces cathédrales vivantes de plusieurs milliers d'années.
J'ai donc été dans cette forêt après 4 heures de route, une nuit dans une cabine du Département de conservation (pour 5euros environ..). Et j'ai rencontré les derniers des Kauris, mais aussi les plus vieux. Permettez moi de vous les présenter :

Yakas : Hauteur de tronc : 12,04m ; Hauteur totale : 43m.
Nommé ainsi en hommage à un homme qui à aidé à conserver cet arbre (Nick Yakas). Je crois que c'est le n°5 dans le top des grandeurs... Voyez la photo, je ne suis qu'un vulgaire asticot...

Tane Mahuta (Le dieux de la forêt) : Hauteur de tronc : 17,7m : Hauteur totale : 51m.
Ce n'est pas tant la hauteur qui impressione, c'est le volume du tronc. Ce "pilier" de la forêt parfaitement droit à été estimé avoir plus de 2000ans. Il doit son nom à une histoire venant des Maoris :
Selon leur cosmologie, Tane est le fils de Ranginui, le père Ciel, et de Papatuanuku, la mère Terre. L'histoire raconte que ces deux parents, autrefois entrelacés tendrement, on dus se séparer pour permettre à leur fils, et à toute la vie alentours, de s'épanouir, en créant la lumière, l'espace et l'air...
Tane est considéeé par les Maoris comme le "Life Giver" (le donneur de vie) et toutes les créatures vivant dans la forêt sont ses enfants.
Notez en haut du tronc, la verdure entre les branches.. ce ne sont pas les feuilles de Tane, ce sont d'autres plantes qui s'épanouissent sur ce substrat un peu particulier.. Chacun de ces palmiers et Yuckas vivant sur Tane, pourraient très bien constituer des ornements assez grand pour un remblais de station balnéaire (pour vous donner une idée de l'échelle..) Notez aussi que je prend la photo à une centaine de mettre du pied du dieu de la forêt!!!

Juste une petite photo de champignon.. Dans ces forêts humides, rien n'est jamais perdu, chaque espace libre, chaque arbre mort, est occupé par une vie si dépendante que lorsque le bucheron descend un arbre et l'emporte chez lui, ce n'est pas un arbre.. mais peut etre une centaine d'espèces formant un écosystème équilibré et formidablement abouti qui sont réduis à néant ...

Les chemins sillonant la forêt montrent que quelques personnes y vivent,loin du chahut de la ville.. les bus scolaires se transforment parfois en 4x4!!

En sortant de Waipoua Forest, on retrouve les champs.
Après cette balade en forêt il me restais du temps.. J'ai donc décidé d'aller voir de quoi avait l'air la côte ouest. Toujours par des chemins "gravilloneux" (il y en a beaucoup en NZ), je tente de trouver une percée dans les collines qui pourrait m'emmener vers une plage... Entre temps, des vaches, des vaches, et des vaches!!!


Enfin, je rejoint une plage, et quelle plage!!! Les gens l'appelle souvent la 90 miles beach.. C'est assez parlant... Une plage qui sert aussi de voie, que dis-je, de route.. oui car c'est une route!!!
Voici preuve de ce que peuvent devenir de longues plages dans un pays qui est perçu comme à la pointe de l'écolo à l'autre bout du monde...

En fait, si vous voulez en savoir un petit peu plus, je vais vous dire autre chose si vous voulez. Oui? Bon!
Une loi établie au début du 19e siecle, par les européens (bien entendu), stipule que les plages et toute partie du littoral, peut etre utilisée comme voie de circulation. A l'époque, c'était principalement pour le transport du bois de Kauri (que nous avons salué plus haut..).. Mais le transport se faisait en cariole... alors par la plage c'est plus facile.
Mais cette loi est encore d'actualité aujourd'hui, et personne n'arrive à faire passer une autre loi qui pourrait protéger les dunes et la plage..
Car les dunes sont immenses et magnifique...ment délirantes à passer en 4x4..... A bon entendeur....


Pêcheurs, surfeurs, touristes, mais aussi riverains utilisent cette route par nécessité ou encore pour le fun!!

Bon, c'est vrai que moi non plus j'ai pas pu resisté et je suis aller conduire sur cette route de 90miles en sable... j'ai fais 1 km et je me suis ensablé... Un touriste de plus qu'ils ont dus se dire!!!

Séquence photo :
Je vais terminer cette page par une série de photos en vrac..
J'aurai bien d'autres choses a vous raconter mais là je n'ai pas le temps tout de suite. Alors j'envoie cette lettre sur da web et je promet... Oui, je vous promet que la prochaine ne sera pas longue à venir..

Bien à vous. Vous me manquez tous, mais pas trop quand même.....

Ah! oui, j'ai enfin récupéré un appareil!!! Alors des photos sous marines, ça va donner à nouveau!!
Ici, nous avons deux petits "triplefins" (genre tripterygion, un truc comme ça) qui se battent pour leur territoire de quelques centimetres caré!!

Un leatherjacket en train de picorer quelques amphipodes sur les structures d'Emma.

Votre humble serviteur enfermé dans une bulle....

Un huitrier-pie local, appelé "Oystercatcher" (litterallement attrapeur d'huitres).. A croire qu'ici aussi, comme en France, ils l'avait pas bien observé en le nommant!! Il ne bouffe quasiement pas d'huitres.. mais des coques enfouies dans le sable grâce à son long
et robuste bec.
Lundi 03 Avril 2006
Voici donc plus d'1 mois que je suis ici, le temps semble passer à une vitesse phénoménale et ça me fait peur de me dire "plus que 5 mois... Pourquoi donc? me direz vous... Et bien Parceque je pédale dans la semoule pour ce qui est du travail de carto de la réserve!!

Je vais donc commencer par la :

Séquence Travail...
C'est un boulot de pharaon! Et je n'ai toujours que peu de moyens : Un bloc de plongée, un masque, mes palmes, une combinaison, un compas, un enrouleur de 50metres.. et à l'occasion un bateau (en demandant toujours à quelqu'un du labo, étudiant ou staff, de bien vouloir nous accompagner car ni moi ni Kévin ne sommes inscris à l'université d'Auckland.. Assurances quand tu nous tiens!!!) Pour l'instant, seuls trois transects* ont été faits, non sans petits problèmes d'orientation, de prises de notes*...
Petites précisions pour une bonne compréhension de ce que je déblatère (Désolé pour les scientifiques qui me lisent, mais je connais aussi des gens qui ne sont pas scientifiques.. et oui...) : Un TRANSECT est une méthode de suivi sur le terrain : Il sagit en fait d'une ligne droite que l'on effectue à partir d'un point donné, et on observe ce qu'il y a autour de cette ligne. Dans mon cas, je dois NOTER les changements d'habitats sous marins (Plateau couvert d'algues diverses; Forets de Kelp=Grandes algues brunes; Plateau couvert d'éponges; Banc de sable...) ça parait simple comme ça mais les limites ne sont pas nettes comme sur une carte (et c'est pourtant une ligne que je vais devoir mettre sur la carte!!!).
Voilà le truc! J'attend toujours du nouveau du département de conservation pour du materiel qui me permettera de mettre en place d'autres techniques comme un sonar qui permet en une journée de dresser une carte des rochers et bancs de sable de toute la zone.. c'est pas mal! Un hélicoptère qui voudrait bien prendre des photos aeriennes un jour ou il fait beau et que l'eau est claire! Avec ça, un travail équilvalent à des centaines de plongées pourrait etre fait en quelques jours!! Mais même ici, dans le pays ou on se débrouille avec les moyens du bord, je ne pourrait pas construire un sonar, ni même un hélico!!
Il me reste encore une solution... c'est le "Glass Bottom Boat"! Ce bateau à fond de verre pour touriste pourrait m'offrir une bonne vision des fonds plus rapidement et sans me mouiller!
A suivre.... Et je ne sais pas ce qui va suivre... mais que du bon!! je suis là pour ça!

Séquence présentation...

Je pense vous avoir présenté les personnes avec qui je passe le plus de temps dans la dernière lettre.
Je vais quand même vous présenter Bill Ballantine. Je vis toujours chez lui, à 1 bon Km du Labo, depuis deux semaines.
Ce chercheur retraité de 68 ans est comme tous les chercheurs retraités : Il travail toujours! Son domaine de prédilection : Les Reserves Marines... et les Limpets (en anglais dans le texte=Patelles). Comme je vous l'ai noté précedemment, il lutte pour la création de réserves marines version "No-Take" c'est à dire sans aucune forme de prélevement que ce soit pêche, chasse, pro ou amateurs, depuis maintenant plus de 30 ans! Autant dire qu'à l'époque ou il a commencé, les gens le regardaient comme un scientifique completement déjanté... voir dangereux du point de vue des pêcheurs! Et c'est encore le cas aujourd'hui... C'est ainsi qu'il à créé, il y a plus de 25 ans, la réserve que je m'efforce de cartographier! Et bien d'autres en Nouvelle Zélande! Il tente maintenant d'exporter ce savoir en Angleterre et Irelande (sa terre natale) Non sans accros.. : Selon lui, Ces "Stupids Europeans" sont bien trop compliqués pour accepter de bloquer une zone tout simplement pour laisser faire la nature.. (Le probleme est la notion de naturel qui differe entre nos concitoyens et les neo zélandais.. rapellez-moi qu'il faut que j'en parle plus bas!!)
Lorsque je part le matin et que je rentre chez lui le soir, il est toujours assis à sa grande table de salon, à lire des articles, des bouquins, à écrire des présentations, des cours qu'il doit faire dans les écoles, les universités, les maisons de retraites... Il est aussi toujours avec un verre de vin devant lui, et un mégot dans le cendrier... Une fois par mois, lors des grandes marées, il va faire le suivi des patelles et des bigorneaux dans Sa Marine Reserve, sur un carré de 10*10metres...depuis 30 ans... Interessant non? N'empêche que! Un passioné comme ça! Il faut le chercher!
Les discussions nocturnes sont très enrichissantes et se prolongent parfois tard dans la nuit...

Deux autres personnes que je peux vous présenter (ou plutot une..)
Javier-à droite sur la photo (prononcer "Rabière") est chilien, il est d'ailleurs repartis au Chili depuis deux semaines... alors je ne l'ai pas beaucoup cotoyé... mais très sympa et bon fètard!
Charlie- à gauche, est anglais. suporter de foot et pêcheur.. donc buveur de bières! Il travail au labo en tant que technicien ou un truc dans le style.. surtout axé sur les travaux en milieu vaseux, autour des mangroves.. Chaleureux  et bon vivant... Voilà!

NB : Remarquez que je ne parle pas de personnes qui me casse les noix... Non pas qu'il y en a pas... Quoi que...Je ne les ai peut etre pas vu ou je ne m'attarde pas dessus... Si j'en vois, promis je vous en fais part! Mais jusqu'ici, tout le monde il est beau et gentil

NB2 : Après reflexion il y a peut etre une personne qui m'irrite un peu plus que les autres, c'est mon maître de stage!! Il est mou et ne m'aide pas vraiment...alors en voilà un oui! Mais comme tout patron qui se respecte, il n'est pas porté dans le coeur de son employé..; c'est courant non? Vous qui êtes en France en ce moment devez en savoir quelque chose... Je vous le présenterais peut etre mieux dans ma prochaine lettre.

Séquence Découverte...

Le Haka est une danse chantée venue tout droit des Maoris. Il faut savoir que ce peuple de guerriers est venu de très loin il y a 800 ans pour trouver la nouvelle zélande.. Alors ceux qui y sont arrivés ils étaient vraiment balaisent, de vrais guerriers, genre ceux qu'on aimerai avoir que comme copain!!!
Mais ce chant qui est generalement un chant de guerre et de vive protestation peut aussi célébrer un heureux évenement ou meme etre offert en cadeau. Vous y etes? Et bien depuis la première guerre mondiale, les Maoris se sont distingués par leur aptitude de guerriers.. et leurs équipes de Rugby...!!  Quel Rapport? ........................
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Le Haka! les Equipes de Rugby des pays issus de culture Maoris font un Haka traditionel avant chaque match. (Fidji, NZ...) Les Néo Zélandais ont depuis le début du siècle adopté un des Haka pour le Rugby, aujourd'hui considéré par les Kiwis comme assez violent : Le Ka Mate, dont voici les paroles :
KA MATE 
We're going to die!
 
Nous allons mourir!
KA ORA

We're going to live!

Nous allons vivre!

KA MATE!

We're going to die!
  
Nous allons mourir
KA ORA!

We're going to live!

Nous allons vivre!

TENEI  TE  TANGATA, PU'RU-HURU

This is the man, so hairy

Voici l'homme temeraire (ou chevelu! selon)

NA'A  NEI  TIKI, MAI WHAKA-WHITI TE ...

who fetched, and made shine  the?

Qui un jour rapporta, et fit briller le...
... RA!  HUPANE! KA-UPANE!
sun!  Step upwards! Another ...

Soleil! 
Un pas vers le haut ! Puis un autre...                        
A HUPANE! KA-UPANE!

Step upwards! Another... !

Un pas plus haut! Puis un autre...

WHITI TE RA!

The sun shines!

Le soleil brille

HI !

Hi !

Hi !
Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais moi je ne trouve pas ça violent du tout comparé à la Marseillaise!!!
Mais ici, la polémique vient surtout avec le nouveau Haka des néozélandais qui semble plus se rapprocher de quelque chose de violent :

IA WHAKAWHENUA AU I AHAU!
Let me become one with the land
Laissez moi devenir celui qui possede une Terre
HI AUE, HI!! KO AOTEAROA E NGUNGURU NEI!
This is our land that rumbles
C'est notre terre qui gronde
AU, AU, AUE HA!
And it's my time! It's my moment!
C'est maintenant mon heure, c'est mon moment
KO KAPA O PANGO E NGUNGURU NEI !
This defines us as the All Blacks
C'est ce qui nous défini comme les All Blacks (L'équipe nationale= "tout noir" en anglais dans le texte)
AU, AU, AUE HA!
It's my time! It's my moment!
C'est mon heure, mon moment
I AHAHA! KA TU TE IHIIHI
Our dominance
Notre Dominance
KA TU TE WANAWANA
Our supremacy will triumph
Notre supremacie triomphera
KI RUNGA KI TE RANGI E TU IHO NEI, TU IHO NEI, HI!
And will be placed on high
Et nous seront placés au plus haut rang
PONGA RA!
Silver fern!
Fougère argentée
KAPA O PANGO, AUE HI!
All Blacks!
 
C'est sûr que pour le coup, ils mettent un peu plus les points sur les i! Les All Blacks sont en ce moment au centre d'une polémique sur le bien fondé d'utiliser ce type de danse guerrière lors d'évenements sportifs...A bon entendeur... moi j'ai rien à dire de plus... c'était juste une découverte de plus pour moi.. peut etre que pour vous aussi!
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Ah!!! La notion de naturel... Merci de me le rapeller!
La Nature! Qu'est-ce donc? Que peut on apeller nature?
Il est déjà difficile de mettre tous le monde d'accord sur ce qu'est la définition de nature dans un même pays, un même département, voir un même village! Cela diverge selon les classes sociales, les métiers... Un agriculteur producteur d'OGM ne verra pas le naturel du même oeil qu'un poète hippie éleveur de moutons, de même, un promoteur immobilier sur le remblais de la baule et un pêcheur amateur de surfcasting ne prendront pas la nature sous un même angle.
Il m'est encore difficile de dire sur quoi se basent ces différences et à quel point cela affecte les dialogues lorsque l'on veut faire de la "gestion" des ressources naturelles...

Si je vous fatigue avec ces questions existentielles quelque peu philosophiques, c'est pour introduire ce que j'ai découvert sur ce pourquoi j'ai décidé de partir en NZ!!! :
La Nature! Et l'idée que celle ci est bien protégée ici et mieux comprise que chez nous.

Petite photo pour vous détendre un peu avant d'enchainer encore sur du métaphysique historique..
Rainbow on the way back from Mokohinau Islands (voir "séquence émotion")

C'est très simple en fait, et il fallait le savoir :
L'histoire de la Nouvelle Zélande est une histoire "NATURELLE" si l'on considère le naturel comme une absence de toute activité humaine. Les premiers habitants humains ont en effet connus un espace immense et inhabité il n'y à pas longtemps du tout. Il est d'ailleurs encore possible de trouver des espaces jamais ou très rarement foulés par des pieds de bipèdes.
Notre chère Europe connais une histoire bien différente.. Lorsque la banquise diminuais après la dernière glaciation (il y a 12000 ans), les hommes sont remontés progressivement vers le nord en suivant ce rechaufement climatique. En d'autres termes, la France (et l'europe) n'a jamais connu de période sans êtres humains! (Depuis la glaciation en tout cas,mais avant... y'avait pas d'hommes..) Il est donc très difficile de trouver une forêt plusieur fois centenaire etc...

C'est vers les réserves (particulierement marines) que je veux en venir...
Pourquoi la NZ en a t'elle autant? et qui plus est 'No Take' pour la plupart? Alors qu'en France, cela parrait ci compliqué et source de conflits presque sanglants!!
Et bien j'ai compris que c'était justement (en partie) due à cette notion du naturel qui n'est pas la même... Comme un héritage historique, pour un Kiwi/Maori, le naturel est sans Homme. Pour l'Européen, on ne peut pas mettre l'Homme à l'écart du naturel puisqu'il fait parti de ce qui est naturel, il a contribué à modeler le paysage depuis des millenaires!!!
Qui à raison?????

Je vous laisse sur cette réflexion......

Séquence Emotion...

Il est des sorties en mer, même d'une journée entière, qui ne reste en mémoire que part un instant très bref..  Laissez moi vous conter un instant de ma vie de ce coté de la planète... C'est une histoire... qui en laissera peut etre certains, et j'en suis désolé, avec une pointe de jalousie envers votre humble serviteur....

C'est un jeudi matin comme les autres en ce début d'automne néo-zélandais... il pleut!
Il est 7h30, j'ai rendez vous avec une petite partie des étudiants qui travaillent au labo. J'arrive, il sont tous là : Tim (que vous connaissez), Emma (que vous connaissez aussi), Kévin (mon colloque, covoiturier, collegue...), Suzan (une étudiante... elle fait des trucs avec les Parore : des poissons..bref!), Brady (le skipper et résponsable de tout ce qui est plongée, bateau...), et Agnes... Nous nous appretons tous les 7 à partir pour MOKOHINAU ISLANDS!!! Une archipel désert situé à deux heures de navigation vers le large.
Brady, Pilote, skypper, responsable plongée, et photographe à ces heures pour...national geo!

La tête encore dans le gaz matinal, je fourre mes affaires de plongée dans un sac, grimpe dans le pick-up, et 10min plus tard me voici sur l'"Hawere" : très beau bateau "océnographique" de 15metres conçu pour et par le labo (tout ce qu'il faut y est : les blocs de plongée, le compresseur, un ordi.. et puis plein d'autres trucs dont je vous épargnerai la description!). Traversée sans encombre, l'Hawere est escorté par un groupe d'oiseaux marins dont je connais pas le nom...
L'archipel en vue, je suis époustouflé par le nombre de grottes qui perforent l'île principale, il parait qu'on peut la traverser de part en part en petit bateau!! Nous dépassons l'île et faisons une première halte au bord d'un caillou perdu, nommé "Maori rock", et couvert ... de fiantes de piafs... mais aussi de leurs propriétaires : les fous de bassan!!

Mais qu'est ce qu'on fout là?

C'est vrai... je ne l'ai pas encore dis.. Agnes Le Port, est la coordinatrice de cette "mini-expedition". Son Phd (Thèse) à pour sujet, en gros: les raies, leur liens de parenté, leurs migrations, leur comportement.. en fa